Ahmad al-Hassan, présenté comme le premier des Mahdis et le messager désigné par l’Imam al-Mahdi (as), est originaire de Bassorah, au sud de l’Irak. Ingénieur civil de formation, il s’est ensuite tourné vers les sciences religieuses à Najaf. Déçu par le contenu et la méthodologie de l’enseignement dans les séminaires religieux (hawza), qu’il jugeait dépourvus de lien réel avec le Coran et les enseignements du Prophète et des Imams, il choisit de s’isoler pour étudier seul, tout en restant en lien avec certains érudits.
Il a reçu à plusieurs reprises des directives spirituelles de l’Imam al-Mahdi (as), d’abord sous forme de songes, puis à travers des rencontres directes dans ce monde. Ces échanges ont façonné sa vision, l’ont guidé vers une réforme religieuse profonde, et lui ont révélé les graves dérives théologiques, morales et sociales présentes au sein du séminaire de Najaf.
Entre 1999 et 2002, il entreprend une tentative de réforme interne, axée sur trois volets : une réforme scientifique (à travers la rédaction de livres et la discussion directe avec les étudiants), une réforme morale (en dénonçant l’inaction face à des crimes comme l’usage du sang dans l’écriture du Coran par Saddam Hussein), et une réforme financière (en appelant à une répartition plus équitable des aumônes et dons religieux).
En 2002, sur ordre explicite de l’Imam al-Mahdi (as), Ahmad al-Hassan annonce publiquement sa mission : il est celui mentionné dans le testament prophétique de la nuit de la mort du Prophète Muhammad (saws). Son appel, d’abord diffusé à Najaf, s’étend rapidement à d’autres villes irakiennes après la chute du régime de Saddam en 2003.
Malgré un accueil favorable de certains étudiants en sciences religieuses, le mouvement subit rapidement des pressions politiques et religieuses : fatwas hostiles, menaces, arrestations, fermeture de centres, et campagnes médiatiques virulentes – parfois mensongères – orchestrées par des figures religieuses influentes et des chaînes télévisées. L’un des exemples notoires fut une émission diffusée sur Al-Kawthar où des accusations mensongères furent propagées sans vérification.
À plusieurs reprises, Ahmad al-Hassan doit fuir ou vivre dans la clandestinité, notamment après 2006, où il quitte définitivement la sphère publique et ne communique plus que par l’intermédiaire de quelques proches de confiance. Un raid militaire en 2007 sur sa résidence précipite encore son isolement.
À partir de 2012, une nouvelle phase commence. Grâce aux réseaux sociaux et à des plateformes en ligne (Facebook, Twitter, Paltalk, chaînes télévisées et radios), il renoue avec ses partisans et commence à s’adresser au public à travers des écrits, discours et interventions numériques.
Le message qu’il porte continue de se répandre dans de nombreux pays, allant du Moyen-Orient jusqu’aux Amériques, en passant par l’Europe et l’Asie. Ses partisans ne se limitent pas aux chiites, mais incluent également des sunnites, des chrétiens et même des juifs, convaincus à travers des rêves, des signes ou des lectures personnelles.
L’un des points importants qu’il affirme est son détachement total des biens matériels et des intérêts mondains : il rejette toute prétention à un statut ou à un pouvoir, refuse les marques d’honneur habituelles des chefs religieux, vit simplement, et affirme ne détenir aucun bien au-delà du strict nécessaire.
Il souligne que les fonds du mouvement proviennent exclusivement des aumônes religieuses (comme le khums) et des dons transparents de croyants, distribués à travers des institutions encadrées comme des écoles religieuses, des chaînes médiatiques, des œuvres caritatives et des centres de soins aux orphelins.
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Présentation brève d’Ahmad al-Hassan (paix sur lui)
Ahmad al-Hassan est présenté comme le premier des Mahdis, le messager et le successeur désigné de l’Imam al-Mahdi Muhammad ibn al-Hassan (paix sur lui), mentionné explicitement dans le testament du Prophète Muhammad (saws) la nuit de sa mort.
Son nom complet retrace une longue lignée remontant à l’Imam Ali (paix sur lui), à travers les Imams de la descendance du Prophète. Selon les sources de ses partisans, ce lignage est confirmé par des témoignages familiaux, notamment celui de son oncle, le cheikh Mohsen Salman, chef de la tribu des Al Mahdi, qui atteste du lien de parenté avec l’Imam al-Mahdi.
Son parcours académique et son retrait du séminaire religieux
Né à Bassorah, dans le sud de l’Irak, Ahmad al-Hassan a terminé ses études universitaires et obtenu une licence en génie civil. Plus tard, il s’installe à Najaf afin d’y étudier les sciences religieuses.
Très vite, il exprime une forte déception face aux contenus et méthodes pédagogiques enseignés dans les écoles religieuses (hawza) : les cours portent sur la langue arabe, la logique, la philosophie, les fondements du droit et la théologie, mais le Coran et la Sunna authentique (les traditions du Prophète et des Imams) sont, selon lui, absents des programmes. Il déplore également l’absence d’un enseignement moral profond axé sur les valeurs divines.
Face à cela, il décide de se retirer et d’étudier seul, à domicile. Il maintient toutefois des liens avec certains membres du séminaire, bien qu’il n’y suive pas les cours officiels. Il compare sa situation à celle de Marie (paix sur elle), qui vivait dans le Temple parmi les savants juifs sans être directement intégrée à leur enseignement.
L’ordre reçu en rêve et le début de sa mission spirituelle
Ahmad al-Hassan affirme que c’est après un rêve clair et marquant, dans lequel l’Imam al-Mahdi (paix sur lui) lui ordonne de se rendre à Najaf, qu’il prend la décision d’entrer dans le milieu religieux. Cette vision prophétique s’accompagne de détails sur des événements à venir, qui, selon lui, se sont tous réalisés.
Cependant, bien avant cette vision – des années avant 1999 – il dit avoir rencontré l’Imam al-Mahdi (as) dans ce monde physique. Leur premier rendez-vous aurait eu lieu dans le mausolée des Imams al-Hadi et al-Askari (paix sur eux), et cette rencontre a été suivie par d’autres.
Ces échanges spirituels n’étaient pas destinés au public : ils portaient sur son éducation personnelle, des révélations théologiques, morales, et une critique interne des dérives dans la hawza de Najaf – des dérives doctrinales, sociales, économiques, et politiques, ainsi que des comportements de certains dignitaires religieux.
Cette phase fut, selon lui, extrêmement douloureuse : il voyait s’effondrer le dernier bastion qu’il croyait porteur de vérité, un choc spirituel qu’il compare à la corruption du sel, censé préserver mais devenu lui-même corrompu.
Entre 1999 et 2002, et avant toute annonce publique de sa mission, Ahmad al-Hassan mène une tentative de réforme interne de la hawza. Celle-ci repose sur trois axes :
1. Réforme scientifique
Il rédige un livre intitulé « Le Chemin vers Dieu », qui, selon lui, fut bien accueilli par des figures comme le cheikh Muhammad al-Yaqoubi. Il engage également des débats directs avec des étudiants et enseignants sur les lacunes du système religieux.
2. Réforme morale
Il critique ouvertement l’inaction des savants lors de l’épisode où Saddam Hussein a écrit le Coran avec son propre sang – un acte qu’il considère comme un sacrilège majeur. Il dénonce la passivité de la hawza, qui a justifié son silence par la « taqiya » (prudence face au danger), alors que, selon lui, la foi véritable exige le courage de dire la vérité.
3. Réforme financière
Il s’insurge contre l’inégalité dans la distribution des aumônes et des fonds religieux (comme le khums), appelant à les redistribuer aux pauvres et aux nécessiteux. Cette revendication trouve un écho auprès de nombreux étudiants de la hawza qui se sentaient eux-mêmes lésés. Il ouvre alors un dialogue direct avec plusieurs grandes figures religieuses de Najaf, dont al-Sistani et al-Yaqoubi.
À la suite d’instructions claires de l’Imam al-Mahdi (paix sur lui), Ahmad al-Hassan commence à annoncer publiquement sa mission en juillet 2002 (correspondant au mois de Jumada al-Awwal 1423 H), à Najaf.
Il déclare être le messager de l’Imam al-Mahdi et le personnage mentionné dans le testament du Prophète Muhammad (saws), dicté la nuit de sa mort. Il appelle alors la population à croire en lui, en tant que représentant légitime de l’Imam al-Mahdi.
Peu après l’annonce de sa mission, le régime de Saddam Hussein commence à le poursuivre. Ahmad al-Hassan entre alors dans une phase de discrétion, se mettant à l’abri pendant plusieurs mois.
Durant cette période difficile, seul le cheikh Nadhim al-Aqili parvient à le retrouver et à le visiter, après de nombreuses difficultés.
Avec la chute du régime baathiste en 2003, l’appel reprend de manière plus dynamique dans plusieurs villes irakiennes : Najaf, Bassorah, al-Amarah, Nassiriya, Bagdad, Karbala, etc.
Le cheikh Nadhim revient avec Hussein al-Jubouri (Abou Sajad) auprès d’Ahmad al-Hassan et l’emmène à Najaf. Grâce à un partisan dévoué, le cheikh Habib al-Mukhtar, un espace (un « barani », ou salon traditionnel) est mis à la disposition du mouvement.
Ce lieu devient le siège de la da’wa (l’appel), où Ahmad al-Hassan rencontre les gens, les étudiants du séminaire, et même des curieux. Il y célèbre la prière du vendredi, visite des hussainiyat (lieux de culte chiites), et répond aux questions des fidèles.
À partir de 2006, la pression s’intensifie en raison de fatwas hostiles et irresponsables émises par certains dignitaires religieux, ainsi que de mouvements politiques cherchant à contenir l’appel. Ces menaces forcent Ahmad al-Hassan à se retirer de la scène publique.
Il demande alors à ses proches de lui trouver un lieu isolé. Une terre agricole située en périphérie de Najaf est achetée, sur laquelle il construit une maison modeste pour y vivre avec sa famille. À partir de la fin de 2006, il cesse presque totalement ses apparitions publiques, n’ayant plus la possibilité de prêcher en personne ni de diriger la prière dans les hussainiyat comme auparavant.
Début 2007, quelques heures après avoir quitté sa maison avec sa famille, le lieu est attaqué par une force armée importante, sans justification légale. L’assaut visait manifestement Ahmad al-Hassan, bien qu’il ait déjà quitté les lieux.
Un voisin est arrêté à sa place et torturé, alors même qu’il ignorait l’identité de son voisin. Ce climat sécuritaire dégradé pousse Ahmad al-Hassan à rompre presque tout lien direct avec les fidèles.
Dès lors, il ne communique plus qu’à travers un petit cercle de fidèles de confiance, comme :
Alaa al-Mayyali
Hussein al-Jubouri (Abou Sajad)
Son frère Muhammad
Le cheikh Haidar al-Ziyadi
Le cheikh Muhammad al-Harishawi
et d’autres figures connues du mouvement.
Le contact est également maintenu avec le siège de la hawza mahdawiyya (séminaire religieux du mouvement) et le bureau de Najaf, lorsque les conditions le permettent.
En 2008, lors de la période de Muharram, des événements tragiques marquent l’histoire du mouvement, notamment l’assassinat et l’arrestation de nombreux partisans. Le gouvernement poursuit ses actions répressives : fermetures de lieux de culte, rafles, campagnes de diffamation, et même émissions télévisées accusant Ahmad al-Hassan de sorcellerie ou de mensonge.
Durant toute cette période, Ahmad al-Hassan continue d’enseigner et de guider à travers des messages indirects, transmis via ses proches ou publiés sur les sites internet du mouvement.
À partir de 2012, une nouvelle étape s’ouvre : Ahmad al-Hassan commence à utiliser les réseaux sociaux, en particulier Facebook et Twitter, pour s’adresser directement au public. Ce « diwan numérique » lui permet de renouer avec les fidèles, de répondre à leurs questions et de relancer l’élan de l’appel.
En parallèle, il commence à intervenir à travers :
des salons de discussion vocale (comme sur Paltalk),
la chaîne télévisée al-Munqidh al-‘Alami,
la radio du même nom basée à Détroit,
des groupes sur Telegram, dédiés à l’appel mahdawi.
✦ La rencontre avec l’Imam al-Mahdi (as)
Ahmad al-Hassan (as) raconte que sa première rencontre avec l’Imam al-Mahdi dans ce monde a eu lieu dans le mausolée des Imams al-Hadi et al-Askari à Samarra. D’autres rencontres ont suivi, au cours desquelles l’Imam l’a formé, l’a éduqué moralement, et lui a révélé des vérités essentielles, sans pour autant lui ordonner de transmettre un message au public à ce stade.
Il décrit ces moments comme profondément marquants, empreints de douleur et de solitude, car ils coïncidaient avec la prise de conscience de la corruption sévère au sein des institutions religieuses, qu’il pensait jusqu’alors justes et pures.
Cette phase représente pour lui l’effondrement d’un repère : le dernier lieu où il pensait que la vérité pouvait encore exister.
✦ L’ordre d’agir publiquement
Après cette période d’introspection et d’enseignement spirituel, Ahmad al-Hassan reçoit l’ordre explicite de se rendre au séminaire religieux de Najaf pour y exposer les vérités qui lui ont été confiées.
Ce tournant se produit après plusieurs rêves et signes confirmés. Il raconte en détail un périple spirituel passant par Samarra, Bagdad, Karbala et Najaf, durant lequel il rend visite aux mausolées des Imams et finit par rencontrer de nouveau l’Imam al-Mahdi (as) dans le mausolée de l’Imam al-Hussein (as) puis au Maqam de l’Imam al-Mahdi à Karbala, le 30 Shaaban 1420 H.
Ce jour marque pour lui un renouveau de mission, et il décide à la fin du mois de Ramadan de se rendre à Najaf pour commencer à exposer son message à quelques étudiants.
✦ Trois phases de l’appel et trois « bay‘a » (actes d’allégeance)
L’appel d’Ahmad al-Hassan s’est déroulé en trois étapes majeures, chacune marquée par une allégeance collective, puis une trahison :
1. Première bay‘a (sous le régime de Saddam)
Des étudiants en sciences religieuses croient en lui après des rêves et des miracles, et lui prêtent serment. Mais, par peur des représailles du régime de Saddam, ils se rétractent, l’accusent de sorcellerie ou de manipulation par les djinns.
2. Deuxième bay‘a (après la chute du régime)
Après 2003, les fidèles revenus lui prêtent une nouvelle allégeance. L’appel prend de l’ampleur, mais Haïdar Moshtat et son groupe trahissent à leur tour. Il se retire une fois encore.
3. Troisième bay‘a
De nouveaux fidèles viennent spontanément renouveler l’allégeance. Ahmad al-Hassan affirme qu’il n’a jamais sollicité de lui-même une position de commandement, mais que c’est la mission qui l’a trouvé, et non l’inverse. Il remercie Dieu de l’avoir éloigné de la quête du pouvoir, du prestige ou de la richesse.
Il compare son expérience aux épreuves d’Ali (as) ou de Dhul-Qarnayn, frappé deux fois à la tête, mais victorieux par la patience et la foi.
✦ Preuves de sincérité : une vie simple, sans ambition mondaine
Ahmad al-Hassan affirme n’avoir jamais recherché les biens de ce monde. Il évoque avec émotion la perte de sa mère, qu’il n’a pas pu revoir avant sa mort à cause de son engagement dans la da‘wa.
Il vit dans la précarité, cuisine pour les autres, nettoie lui-même sa vaisselle, fait ses courses seul, n’a ni escorte ni richesses, et refuse que quiconque lui embrasse la main, contrairement à certains chefs religieux.
Il affirme ne posséder aucun bien au-delà de ce qui est nécessaire à sa famille. Même sa maison fut construite par solidarité avec les pauvres, financée en partie par un frère et en partie par un emprunt qu’il a remboursé. Cette maison a été confisquée lors d’un raid militaire, et il la compare symboliquement à Fadak, le domaine spolié de sa grand-mère Fatima al-Zahraa (as).
Il conclut que les gens doivent juger les leaders par leurs actes, non leurs apparences : celui qui vit dans le luxe, envoie ses enfants récolter les fonds religieux à l’étranger, gère les dons sans transparence, et cherche les honneurs, ne peut être un guide vers Dieu.